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La plus belle fille du village

Il était une fois, au village de Grand-Guénan à Ménéac, une fille belle, mais belle ! Son regard, sa chevelure, tout son visage, son profil, sa démarche...! De mémoire d'aïeuls, on n'avait vu une telle grâce. Et avec cela, aucune vanité, comme il arrive parfois àdes filles qui se croient, et mettent leur plaisir sottement à faire des envieuses. Au contraire, une simplicité de bon aloi qui ajoutait encore, si c'était possible, à ses charmes. Elle était, on vous le dit, un trésor pour tout le village, un trésor auquel on tenait et qu'on serait prêt au besoin à défendre.

C'était au temps des seigneurs de Coëtbily. Coëtbily est juste à deux encablures de Grand-Guénan. Le seigneur, au hasard d'une promenade à cheval, avait rencontré notre joli brin et avait tout de suite conçu pour elle une passion violente. Un jour que la belle allait conduire les vaches de son père dans un commune proche du vivier de la maison de Coëtbily, le seigneur qui avait à faire au dit vivier, aperçut celle à laquelle il rêvait. Il s'élança en sa direction pour se saisir d'elle. Celle-ci, soudain épouvantée, s'ensauva à toutes jambes vers le village en criant que l'on vienne à son secours. Son père apparut sur la sente et barra le chemin au seigneur à l'instant où il allait agripper la jeune fille. Sans attendre son reste, l'abject seigneur tourna les talons et s'enfuit sur son territoire. Au moment où le père allait prendre sa fille dans les bras, celle-ci; toute pâle, poussa un grand cri et tomba morte sur le coeur paternel... Déjà, du village, accouraient, alertés par les cris, hommes et jeunes gens. Au chagrin immense de voir inanimée leur bien-aimée à tous, se joignit la colère qui pousse à la vengeance. Ils se précipitèrent vers la demeure de Coëtbily, mirent la main sur son hôte, le traïnèrent à l'extérieur et, vulgairement dit, lui firent son affaire...
On veilla ce soir-là, toute cette nuit-là, la bien-aimée, dans une tristesse desespérée... Au matin, pour l'avoir près de soi autant qu'il fut possible, après une prière, on l'enterra au pied de l'if du village, où se trouvait alors une pierre arrondie...
Si vous allez, lecteurs, vous recueillir sous l'if de Grand-Guénan, ne cherchez pas la grosse pierre. Malmenée par l'engin de terrassement du remembrement, elle n'est plus à sa place. L'if, lui, qui brave les siècle, comme on le sait, est toujours là. Sa longévité accompagnera longtemps encore l'histoire de "la plus belle fille du village". Quant au vivier, dallé de pierres, qui était devenu, avec le temps, la fontaine St Louis, il a été comblé et recouvert.

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Commentaires

 
majesticbeast
#1 03-02-2011 21:22 Il s'agit là d'une belle légende avec très certainement un départ réel, qui saura nous dire?
Je demeure à grandguénan, ne chercher plus l'if, il a été malheureusement abattu voilà 7/8ans. Le vivier que j'ai vu en eau a été asséché il ya environ 20 ans…
Vous qui avez encore la chance d'avoir près de chez vous de ces petites choses qui font notre entité culturelle, BATTEZ VOUS POUR LES DEFENDRE, il en reste si peu…
 

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