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Les engins de guerre de Malestroit

En ce matin de janvier de l’an de grâce 1343, Le jeune Renaud, très excité, s’était levé avant le jour, sans attendre que sa mère Perrine ranime la vaste cheminée.


machine2Pour une fois, abandonner  le grand lit familial et l’épaisse couette de plume d’oie pour affronter la froidure ne lui coûtait pas. Il se vestit* prestement. De bonnes braies* en laine, lacées aux chevilles sur des chausses* de cuir à semelle de bois qui isolaient si bien de la morsure de la neige, une chemise de lin, si douce à la peau et une épaisse pelisse en peau de lapin.


Depuis Noël où il avait fêté ses 14 ans, Renaud était astreint au guet et grande était sa fierté de porter Chapel*, Gambison*, Braquemart* et Vouge* lors des patrouilles  de nuit.


Un parfum d’aventure militaire commençait à lui trotter dans le chef* et il avait déjà une petite idée de comment concilier son apprentissage de charpentier et son envie d’épopée.


Renaud était depuis 2 ans apprenti chez son père, charpentier de haute futaie* et fort estimé dans la région. Mais la coutume voulait que pour être considéré comme un artisan accompli, il quitte la quiétude familiale pour d’autres patrons, d’autres horizons, d’autres façons de travailler pendant encore 5 à 7 ans selon son assiduité et son adresse.


Or, en ce 19 janvier, dans sa bonne citée de Malestroit, se déroulait un événement incroyable, inouï, inespéré. Les deux suzerains les plus puissants de l’Occident se rencontraient pour signer une trêve, une paix certes précaire mais paix quand même, dans le long, sanglant et inutile conflit qui ruinait et dévastait la doulce France.


La promesse d’une tranquillité retrouvée rendait certes le cœur de Renaud joyeux, mais ce qui lui faisait à présent franchir à grandes enjambées le pont de bois sur l’Oust, c’était les camps militaires de ces deux rois qui avaient amené comme démonstration de puissance les plus redoutables, les plus grands, les plus menaçants engins de guerre dont un énorme trébuchet surnommé à juste titre  « La Malvoisine ».

Depuis sa plus tendre enfance, Renaud était bercé par les histoires fantastiques et terrifiantes que se racontaient, lors de veillée, son père et ses compagnons sur ces machines capables, grâce à des secrets géométriques, de projeter avec une précisions diabolique des boulets de 300 livres* à plus de 700 pieds* et de pulvériser en une ou deux journées les murailles les plus solides.


Les charpentiers capables de construire ces engins mécaniques étaient considérés comme  des mécaniciens tellement ingénieux qu’ils étaient surnommés les « Ingésniors » et que les plus grands du royaume les  appelaient par leurs noms et leur versaient des fortunes pour  s’assurer de leur savoir.


On comprend mieux pourquoi Renaud avait si grande hâte d’approcher ces Trébuchets, Couillard, Arbalètes géantes et autres balistes et qui sait ? peut-être avoir la bonne fortune de rencontrer un de ces mystérieux « Ingesniors » ou au moins un des servants à la langue déliée  pour entendre les exploits fantastiques de ces machines.


Renaud réussira–t-il à voir fonctionner ces engins redoutables ? Rencontrera-t-il quelques Ingesniors ou hommes d’armes capables de lui expliquer comment fonctionne le Trébuchet ?


Jeunes et moins jeunes, passionnés du moyen-âge, si vous voulez avoir les réponses aux questions de Renaud et surtout si vous voulez les voir fonctionner, rendez-vous à la merveilleuse fête de Malestroit les 11 (uniquement pour les scolaires) 12 et 13 septembre 2009 (pour tout public).

Renseignements Office de Tourisme du Pays de Malestroit : 02 97 75 14 57


•    Se vestir : s’habiller
•    Braies : pantalons
•    Chausses : chaussure
•    Chapel : Chapeau en fer
•    Gambison : vêtement matelassé pour amortir les coups
•    Braquemart : courte épée d’environ 2 pieds (60 cm)
•    Vouge : arme de fantassin faite d’un soc de charrue reforgé et emmanché au bout d’une hampe
en bois d’environ 2 m . Elle sera remplacée trois siècles plus tard par la Hallebarde.
•    Chef : tête
•    Charpentier de haute futaie : au moyen-age on distingue les charpentiers de grande cognée ou de haute futaie, qui travaillent le gros bois de charpente, et les charpentiers de petite cognée, ou de menu futaie qui font les meubles. Ils deviendront plus tard « les menuisiers »
•    300 livres : environ 145 kg
•    700 pieds : environ 210 m

 

Texte écrit par Renaud Beyfette

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Commentaires

 
Nath
#1 12-09-2009 02:12 Bonjour!
Question peut-être stupide mais néanmoins importante: pouvons-nous venir costumés à Malestroit et ce, même si nous ne faisons partie d'aucune compagnie? Les costumes en questions sont soignés et nous venons bien entendu dans l'esprit de partager un bopn moment de reconstitution histo. Merci de répondre vite!
 

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